Rivière dans la ville

Aménagement du site portuaire  à Mont-de-Marsan (40)
maître d’ouvrage ville de Mont-de-Marsan
maître d’oeuvre Obras, marjan hessamfar & joe vérons architectes associés, Coteba, ICON
montants des travaux 22 000 000 euros HT
phase concours décembre 2010

 

Mont-de Marsan est fondée sur la limite entre deux géologies et deux massifs, au bord des landes, les deux rives sont en contraste. Cette différence est plutôt liée à l’histoire de la ville, mais on peut y lire la trace de ce basculement entre deux univers. La situation dont on hérite, même dégradée, restitue ce contraste. Il faut accentuer cette différence entre les berges, la Midouze n’est pas ici, comme plus loin dans sa partie plus sauvage, un milieu contenu dressé au-delà de deux rives semblables. La rivière est constitutive d’un espace public majeur, on ne la perçoit pas de la même manière selon que l’on regarde la ville depuis le sud, ou depuis le nord.

Au sud, la topographie suggère une ample grève, marquée certes par les cales en rive, mais continue depuis la rue des Cordeliers jusqu’à la Midouze. La rive gauche de la Midouze est ainsi un socle construit et étagé, de la surface de l’eau au bord de la terrasse alluviale. Conçu comme le même « lieu » en légère pente vers l’eau, l’espace contenu entre la rue des Cordeliers et de la Midouze est unitaire sur l’ensemble de la séquence (motif, matériaux, matière, lumière) : on est déjà « au bord de l’eau » en étant sur la place. Revenant de la berge, ce n’est qu’en passant la rue des Cordeliers que l’on change d’univers, retrouvant le vocabulaire courant des rues de la ville.

La rive nord est plus « naturelle », on y conserve la présence du végétal. La rive basse est restaurée en terre armée, maintenue par des saules : des bosquets sont plantés en rive, et le sol de la promenade est réalisé en mêlant végétal et minéral. La rive droite de la rivière est un métissage entre végétal et minéral, ou sont posés quelques objets géométriquement réglés (les rampes). L’accent est mis sur ses « objets » singuliers, en installant de blancs tapis de pierre, posés sur la structure existante du sol, et ponctués par la cadence des bornes existantes. Lignes rectilignes, obliques parfaites, plans inclinés posés sur un sol construit dont on conserve la colonisation végétale. Il ne faut pas de ce côté de la rive restaurer un univers exclusivement minéral, mais au contraire insister sur ce mélange entre le végétal et les sols construits.

La question de la variété des usages apparaît essentielle, la difficulté consiste selon nous à définir des espaces adaptés à la fois aux grandes fêtes landaises et à un quotidien plus tranquille. Il faut un aménagement susceptible à la fois d’accueillir d’amples foules très animées, des flux piétons importants, mais qui ne paraisse jamais « vide » dans la vie quotidienne de la ville. Le motif des terrasses a cette vocation. Il donne à voir, très généreusement, le paysage des rives, mais est suffisamment décomposé pour que l’on s’y sente bien si l’on est seul, sans avoir le sentiment d’être perdu sur une immense esplanade.