Groupe scolaire Marceau & ludothèque

Construction d’un groupe scolaire de 20 classes et d’une ludothèque à Marseille (13)
maître d’ouvrage Ville de Marseille
maître d’œuvre
marjan hessamfar & joe vérons architectes associés mandataires, bajolle & gianni architectes cotraitants, ingénierie 84 bet structure, inex bet fluides, fabrice bougon économiste, emacoustic acousticien, via infrastructure bet vrd, territoires landscape architects paysagiste
mission
loi MOP + DQP + SSI + STD + SYN + OPC + Maquette numérique BIM
démarche
bâtiment BEPOS Effinergie | Label « E+C- » niveau E3C1 | démarche BDM (Bâtiment Durable Méditerranéen)
montant des travaux
12 140 000 € HT
surface
4 740 m² SDP
phase
études

 

images : Air Studio | Nicolas Richelet

 

L’opération de construction du Groupe scolaire Marceau s’inscrit dans la dynamique de renouvellement urbain de l’opération « Quartiers Libres » à Marseille. L’enjeu de ce nouvel équipement est de créer un lien entre le quartier de la Belle de Mai et l’ancienne Caserne du Muy. Les questions environnementales sont au centre des préoccupations de ce projet qui répondra aux exigences du niveau BEPOS Effinergie de la RT2012 et anticipera la RE2020 par l’atteinte d’un niveau E3C1.

Le projet développe la typologie de terrasses et balcons rapportée à l’échelle architecturale. Un mur de soubassement, avec une partie pleine en contrebas et une partie supérieure qui alterne les pleins et les vides, recrée une unité architecturale pour l’entrée de ville et installe une enceinte protectrice et urbaine pour un monde intérieur végétal dédié aux enfants. Ce socle, ouvert côté patio, abrite l’école maternelle et sa cour de récréation, ainsi qu’une ludothèque accessible au public. Le toit de ce volume accueille quant à lui la cour de récréation élémentaire largement végétale.
La façade s’affirme et s’aligne sur l’espace public. La sobriété est exprimée au travers de l’homogénéité des teintes et des matériaux utilisés, en cohérence avec ceux largement présents sur l’opération Quartiers Libres Saint Charles Belle de Mai de façon à inscrire le projet dans le quartier. Cette façade fait aussi écho à la forêt des terrasses Bugeaud, grâce à la végétation qui la borde, et qui en déborde.
Au-dessus de ce soubassement de béton et de pierre calcaire, flotte un volume clair qui en suit les contours. Cet élément «flottant», superposé soigneusement sur le mur d’enceinte et perforé méthodiquement, accueille l’école élémentaire qui se développe sur trois niveaux. D’une même matérialité il se distingue par son détachement du socle et son aspect plus éclatant.
L’interstice entre ces deux éléments génère un préau pour les élémentaires et un volume plus mince largement vitré, abritant la grande salle de motricité, les fonctions de direction et la communauté pédagogique. Cet espace protégé de l’ensoleillement par le porte-à-faux du R+2, profite d’un panorama sur la cour de récréation élémentaire et le quartier, tout en surplombant la cour maternelle.

Nous avons choisi de créer un véritable cœur d’îlot protégé, en reprenant la thématique de la forêt et des sous-bois, abritant les cours de récréation et offrant une place importante aux jardins pédagogiques. Les grandes surfaces horizontales des cours de récréation se distinguent nettement sur le site par leurs surfaces, faisant écho aux terrasses existantes, notamment en offrant une vue spectaculaire depuis le balcon du Muy.

L’implantation en «V» participe à l’insertion du projet à l’échelle urbaine du site et permet de prolonger la trame végétale vers le grand paysage ouvert des terrasses Marceau. Les salles de classes élémentaires à l’étage profitent également de la vue sur cet espace paysager. L’implantation générale des constructions permet également au bruit des cours de récréation d’être contenu et de ne pas importuner les bâtiments voisins, majoritairement composés de logements.

Le bâtiment s’inscrit dans une démarche environnementale forte qui s’exprime par un langage architectural de façade intégrant les protections solaires (brise-soleils en béton, vitrages à contrôle solaire, débords de toiture), une végétalisation de la toiture (îlot de fraicheur), l’emploi de matériaux géosourcés (pierre calcaire) et de béton bas carbone, ainsi qu’une production d’énergie en toiture (panneaux photovoltaïques sur la toiture du dernier niveau).

Anticipant les possibles évolutions fonctionnelles du bâtiment, les différentes composantes du projet ont été conçu avec le souci permanent d’offrir un bâtiment « capable » de s’adapter à des évolutions futures : composition du plan et des partitions, principes de structure et de façades, surfaces techniques… A ces fins, un principe constructif poteaux-poutres béton et planchers béton a été adopté. Ce dispositif présente l’avantage de mettre à disposition des plans libres à partir desquels une constante adaptation est possible. L’ensemble des procédés et matériaux utilisés pour les façades et enveloppes extérieures sont dotés quant à eux d’une grande pérennité.